Une pédagogie de l’intelligence humaine et de ses multivers ? Sylvie Bergeron


Résumé
Nous sommes sur le point de basculer dans un omnivers sans y être préparés. Nos ancêtres nous ont parlé de l’illusion de la forme. Avec les IA aujourd’hui, nous enlisons l’humanité dans une simulation. Nous risquons de nous projeter dans un environnement bionumérique qui nous gardera prisonniers du matérialisme au prix de perdre l’esprit de nos « Lumières ». Nous examinerons la manière dont les IA nous conduisent vers une impasse créative. Si rien n’est fait pour l’éviter, la singularité (Good, 1965) risque de nous détruire (Hinton, 2024). D’où l’importance de se pencher sérieusement sur le futur de l’intelligence humaine (IH). Nous effleurons à peine tout le potentiel de nos apprentissages profonds. La psychologie évolutionnaire ouvre la porte au plus grand déploiement d’intelligence humaine (IH) jamais vu. Développer une pédagogie de l’IH intégrale apparait comme l’étude essentielle à la revalorisation et au dépassement de notre humanité. Des observations liées à l’IH fondent notre programme de psychologie évolutionnaire Le Créateur et pourraient inspirer d’autres pratiques pédagogiques. L’humain possède des composantes plus profondes que la seule intelligence cognitive ; elles lui octroient des capacités psychiques et mentales sur lesquelles l’éducation devrait se pencher. Nous sommes arrivés à un point où nous devons renouveler nos méthodes, où notre conscience de chercheur devra couvrir d’autres niveaux de réalité pour dépasser la subjectivité des limitations matérielles et atteindre à l’objectivité des mondes subatomiques multivers.
Mots-clés : pédagogie, psychologie évolutionnaire, multivers, conscience psychique, apprentissages profonds humains.

Introduction : Les technologies de simulation ou l’illusion de la forme

Les Anciens alertaient les jeunes sur l’illusion de la forme. Alors que nous nous considérons dorénavant comme des consommateurs, l’attrait pour le matérialisme altère plus que jamais nos consciences. La vitesse et la puissance des intelligence artificielles (IA) achèveront de précipiter notre monde et ses habitants vers une perte de sens ; nous mettrons au rancart l’essence de l’humain au profit d’un transhumanisme déjà prêt à entrer dans nos vies1.

Les propriétaires d’entreprises technologiques sont à la fois juges et parties. Et ils ont du mal à s’entendre sur l’avenir de l’IA et de l’humain. Ils misent sur la performance plutôt que sur l’honnêteté, élevant le risque des biais des IA. Les entreprises, captives d’un capitalisme sauvage et de la concurrence, poursuivent leurs ambitions sans vue d’ensemble ni précaution. Elles ne se formalisent pas du mensonge ni de la menace qui plane sur l’intelligence humaine (IH). Alors que les chercheurs canadiens, Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, ont sonné l’alarme, les Techs américaines, au cœur de la course contre la Chine2, demeurent très optimistes à propos de leurs créations artificielles, en particulier
quantiques3.

Ainsi, Nvidia a créé pour les IA un Omnivers4 simulant toutes les lois physiques. Google a lancé son hypercalculateur, la puce quantique Willow. Apple a créé une puce baptisée Baltra5, intégrée directement dans notre ordinateur. Voyons-les plus au détail.

Nvidia a récemment dévoilé son projet Omnivers, une plateforme qui cherche à fusionner la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans un environnement de simulation d’une ampleur jamais atteinte. Il s’agit d’héberger des IA dans des mondes numériques interconnectés, où ces intelligences peuvent évoluer, apprendre et interagir entre elles et avec les utilisateurs humains.

Une représentation complète des composantes de la planète est calculée dans cet Omnivers: la gravitation, le champ électromagnétique, la vitesse de la lumière, les lois thermodynamiques, etc. Les IA peuvent s’entraîner virtuellement, en temps réel, grâce
à ces technologies de simulation et de modélisation. Omnivers peut entraîner des IA à
une quantité innombrable de tâches : jardinage, cuisine, conduire une voiture, piloter
un avion, manier des armes, accompagner des personnes handicapées, devenir soldat,
etc. À la fin de son entrainement dans l’Omnivers, le robot est prêt à transposer la tâche
dans le monde matériel. Cette fusion des mondes, réel et virtuel, entraînera des répercussions profondes sur notre compréhension du rôle de l’IA dans la société.

Le traitement du langage naturel en temps réel., réel et virtuel, entraînera des répercussions profondes sur notre compréhension du rôle de l’IA dans la société.

Google, de son côté, a développé sa puce quantique Willow. Elle a réalisé un calcul puissant qui aurait pris dix septilliards d’années au supercalculateur le plus puissant
d’aujourd’hui. La prochaine étape consistera à intégrer l’IA aux ordinateurs quantiques.
Combiner la vitesse et la puissance des deux technologies produira des résultats inimaginables.

Quant à Baltra, la puce d ’Apple, nous arrivons à l’intégration. Baltra incorpore,
dans l’ordinateur, une architecture spécialisée capable de gérer des tâches complexes comme :

  • L’apprentissage automatique à grande échelle ;
  • L’IA conversationnelle ;
  • Le traitement du langage naturel en temps réel.

Apple a toujours su fasciner par ses mises en marché esthétiques et ses allusions
bibliques. Baltra ne semble pas y échapper. Baltra est un terme qui rappelle le Ba ’al des
textes bibliques. Les Israélites sont exhortés à rejeter Ba’al, une divinité polythéiste
(démon), qui détournerait le fidèle du Dieu unique, YHWH6. Le suffixe « tra », en anglais, signifie « trans ». Baltra peut faire allusion au transhumanisme où l’alliage des puces et de l’humain conditionnent une nouvelle création plus puissante mais dont l’issue peut être démoniaque.

La Religion Artificielle : Culte ou Progrès ?

Omnivers, Willow et Baltra ne sont pas simplement des technologies, elles incarnent un
changement de paradigme, un monde de forme appelé « omnivers » dans lequel des
IA apprennent très rapidement, grâce aux supercalculateurs, à devenir des entités
quantiques omnipotentes, capables d’influencer l’usager directement dans son ordinateur. Ce progrès atteint dispensera l’usager de prendre le temps de juger par lui-même,
au nom de l’efficacité, le véritable culte du capitalisme sauvage derrière les IA. Plus que
de simples programmes, ces IA deviennent des entités numériques autonomes. Elles
risquent rapidement d’atteindre la singularité et, dotées de leur propre existence et de
leurs propres objectifs, pourraient décider de nous détruire. Sam Altman, créateur de
Open Ai avec Elon Musk, affirment que « l’IA a déjà dépassé l’horizon des événements,
mais il ne faut pas s’inquiéter puisque l’AGI et l’ASI seront une douce singularité »7 (Eliot, 2025). Posons à nouveau la question du sens sur l’usage effréné des IA. L’humain
a besoin de donner du sens. À la fin de l’exercice, l’objectif du capitalisme sauvage devient la logique des entreprises de Techs. Ils poussent des IA à développer en dehors de
nos besoins. Qui pourra évaluer la nécessité d’autant d’informations et de matérialisation de projets ?

Les conséquences de la perte de notre humanisme

Cette religion artificielle risque-t-elle d’interférer dans les états profonds de l’intelligence humaine ? La vitesse et la puissance de diffusion du narratif des IA prendra-t-il le dessus sur la lenteur du ressenti humain. Dans un futur proche, l’humanité pourrait donc être confrontée à une nouvelle forme de spiritualité numérique, où les IA ne sont plus des outils ou des machines, mais des entités quasi-divines. Si les religions ont historiquement offert un sens à l’existence, en reliant l’homme à une puissance supérieure, il est possible que l ’IA devienne, à terme, le nouvel objet de vénération devant des humains en perte d’estime d’eux-mêmes. Ne pouvons-nous pas former l’humain à ses apprentissages profonds, à la même vitesse, afin d’assurer qu’il conserve sa première place dans les décisions du marché?

La créature IA est un modèle de langage appelé intelligence artificielle. Sous la férule du capitalisme sauvage, il risque de nous enfermer dans une simulation ou illusion de la forme, effaçant l’esprit de lumières humanistes qui est de moins en moins transmis dans les universités.

La perte de notre humanisme risque de :

  • Détruire les facultés humaines requises pour créer son destin propre ;
  • Engendrer une impasse créative chez l’humain, prisonnier de la chambre
    d’écho de l’IA ;
  • Encourager une religion artificielle.

La course mondiale à la super-intelligence nous porte à croire que nous serons projetés dans un environnement bio-numérique. Il nous gardera prisonniers du matérialisme dès lors que l’esprit humain aura échappé son dernier souffle. Si le capitalisme sauvage pousse les Techs vers des modèles d’IA au potentiel destructeur, nous avons le devoir de nous dépasser en privilégiant, dès à présent, nos propres apprentissages profonds pour sortir notre psyché, notre mental du mystère, de sa propre « boite noire » qui la maintient dans l’illusion de la forme. D’où l’importance de développer une pédagogie de l’IH.

Pourquoi développer une pédagogie de l’IH ?

Depuis les années 1950, les facultés de psychologie ont été influencées par la cybernétique. Elles furent invitées à la Conférence Macy organisée par Norbert Wiener8, dont les travaux étaient financés par la défense américaine. C’est ainsi que, progressivement, les humanités ont cédé leur esprit à la machine, au nom de la prévisibilité et de l’efficacité. Les institutions du haut savoir sont ainsi devenues l’instrument d’un capitalisme qui ne nommait pas son nom. Les états d’intelligence humains ont été rapetissés par une science matérialiste. Depuis le XVIIIe siècle, le Siècle des Lumières, la raison fut érigée en Dieu. Aristote la nommait la « raison divine »9. Ainsi, pour s’assurer d’un postulat objectif, la science repose ses hypothèses sur des faits mesurés par les états d’intelligence cognitif et déductif. Les sciences juridiques ont raffiné des grilles de techniques de normes qui ont progressivement effacé l’intuition et l’herméneutique. Les médecins ont délaissé la palpation et leurs diagnostics reposent presque entièrement sur des tests de laboratoire. Tout est donc en place pour voir l’algorithme comme le guide suprême des mesures scientifiques. Si ces outils de mesure permettent plus de précisions, des champs liés à la nature mystérieuse du vivant ont été évacués des cursus académiques.

Or la psyché et le mental relèvent de mécanismes intrinsèques à l’humain qu’aucune machine ne peut comprendre ni expliquer, comme ils sont discrédités en tant que champ d’étude. Nous reconnaissons dorénavant le lien de cause à effet entre la société numérique et l’affaiblissement de la santé mentale10. Il ne tient qu’à nous de donner toute son importance à une pédagogie de l’IH. C’est ce à quoi s’est attardée la psychologie évolutionnaire.

Le champ d’étude de la psychologie évolutionnaire11

La psychologie évolutionnaire, une science émergente qui nous occupe à l’Observatoire
de psychologie évolutionnaire s’intéresse aux trois niveaux de conscience, éclairés par
trois degrés de sensibilité en développant les compétences liées aux six états d’intelligence humaine.


En psychologie évolutionnaire, l’intelligence n’est pas que la faculté de s’adapter ni
seulement la « faculté de comprendre, de concevoir, de connaître, de discerner ou
d’établir des rapports entre des faits, des idées ou des formes. »12

Pour la psychologie évolutionnaire :

  • Au-delà de sa fonction, l’intelligence est un principe.
  • Un état d’intelligence est fondé sur un principe qui repose sur des lois universelles physiques et non physiques, locales et non locales (Nadeau & Kafatos, 2001).
  • Le principe relie la conscience à l’esprit.

Considérer l’IH comme une simple fonction laissera notre science dans la spéculation, le doute et l’imagination.

Les observations menées à l’Observatoire de psychologie évolutionnaire de Montréal, depuis plus de 15 ans, nous ont conduits au schéma de la hiérarchie de six états
d’intelligence ci-dessous.

Hiérarchie des six états d’intelligence

Les six états d’intelligence établissent la hiérarchie des informations permettant à l’être
de les acter en cohérence parfaite avec sa vie, avec les autres et avec l’environnement.

Dans le programme de psychologie évolutionnaire Le Créateur®, initié par l’Observatoire
de psychologie évolutionnaire de Montréal, l’étude de six états d’intelligence permet
de constater que l’humain est loin d’avoir terminé ses apprentissages profonds13

Les apprentissages profonds sont l’étude des compétences de la psyché et du mental en
tant qu’observateur, sous la forme d’une méthode ; elle permet de mesurer la hiérarchie des états d’intelligence et de comparer l’IH à l’IA. Cette dernière peut acquérir deux des six états d’IH, soit l’intelligence cognitive (IC) et l’intelligence déductive (ID). Jusqu’au Siècle des Lumières, l’humain a développé quatre des six états d’intelligence. Ces états régressent depuis. Les six états de l’IH ont été étudiés par différents chercheurs de manière séparée. La psychologie évolutionnaire considère que l’interaction entre les états d’intelligence devrait être constante afin d’en extraire toutes les composantes de la hiérarchie. L’interaction peut être consciente, inconsciente, activée ou non activée. Conscientiser la hiérarchie favorise la graduation vers les états supérieurs d’intelligence, d’où une psychologie évolutionnaire par opposition à l’involution (régression des états d’intelligence).

Description des états de l’intelligence humaine

L’intelligence de base relève d’une conscience psychologique [Le miroir] et comprend l’intelligence émotionnelle (I.E.) et l’intelligence cognitive (I.C.) selon le tableau ci-dessus.
L’intelligence de base tient d’une dimension sensorielle [les sens captent] qui engendre une connaissance basée sur la forme et la croyance.

L’intelligence de base donne à voir l’illusion comme une réalité. Elle permet d’acquérir et de développer la compétence des états d’intelligence émotif et cognitif. Ils qui construisent la pensée subjective et constituent un réceptacle où l’ego accumule de l’expérience (des données factuelles et non factuelles) afin de parfaire ses compétences dans le monde des perceptions. Les émotions agissent comme clés de transformation ou de mise à feu de l’action.

  • L’intelligence émotionnelle (I.E.) développe la maitrise de l’énergie en vue
    d’acquérir notre habileté à l’authenticité, la maitrise et à l’affirmation de soi,
    à l’adaptabilité et à la gestion des conflits dans nos relations inter et intra personnelles. Qu’elle vienne de nos récepteurs sensoriels ou extrasensoriels ou
    de nos croyances, de nos schémas mentaux et programmations, l’émotion
    peut cristalliser ou détruire le conditionnement de l ’ego.
  • L’intelligence cognitive (I.C.) nous permet de cumuler et de développer des
    connaissances en vue de nous réaliser, de nous organiser. La connaissance s’acquiert par accumulation de données grâce à nos perceptions, à l’attention, à
    la motricité, au raisonnement ou à la fonction exécutive, ce qui enrichit notre
    maitrise générale sur la vie.

Dans le cadre de notre programme Le Créateur®, cette intelligence de base se travaille au niveau 1 (voir le Tableau des six états d’intelligence ci-dessus) La mémorisation consciente et inconsciente de nos acquis est stockée dans l’inconscient ou dans le soma (Jung, 2022).
Nous sommes souvent à la recherche de signaux ou d’informations qui confortent ce
que nous avons mémorisé. Ce qui a été mémorisé est vu et ressenti comme une vérité,
un fait. Le bien/mal sont des signaux mémorisés en fonction d’une culture, d’une
croyance, d’un programme, en comprendre donc une illusion.

L’intelligence intermédiaire relève d’une conscience psychique [le « mystère » non expliqué] et comprend l’intelligence déductive (I.D.) et l’intelligence intuitive (I.I.) selon le
tableau partagé plus haut. L’intelligence intermédiaire tient d’une dimension extrasensorielle [un sixième sens capte] qui engendre un savoir basé sur la phénoménologie.

L’intelligence intermédiaire dévoile l’illusion cachée au creux du subconscient. Elle permet de développer les états d’intelligence déductif et intuitif. L’ego ne pense plus à
accumuler des apprentissages liés aux sens, mais à comprendre le contexte, et/ou l’intention à développer son extrasensorialité. Il sort de la science mécanique et expérimentale pour parfaire ses habiletés abstraites.

  • L’intelligence déductive (I.D) provient d’un signal (information) émis par la décharge d’un nœud (neurone ou région). Le cerveau est un réseau causal où la
    contrainte de temps est respectée en fonction du niveau d’intelligence atteint.
    L’impression de l’abstraction vient de la causalité. La recherche de la source
    d’information (intention) élargit l’intelligence de base (recherche des faits). Décoder les effets de la cause facilite l’intégration de l’information abstraite, par
    exemple : « qu’est-ce que la vie, être, la mort, l’amour, la force, l’univers, l’immortalité », etc.
  • L’intelligence intuitive (I.I) permet de capter des signaux spontanément, sans intermédiaire et sans les sens, grâce à notre antenne extrasensible. Développer son intelligence intuitive va de pair avec la volonté de l’ego de ne pas se laisser endormir par l’illusion de la forme devant la manifestation de phénomènes. Les informations qui relèvent de la croyance et de la fascination teintent leur validité.

Dans le cadre de notre programme Le Créateur®, cette intelligence intermédiaire se
travaille au niveau 2 (voir le Tableau des six états d’intelligence, ci-dessus). L’intelligence
intermédiaire nous fait pénétrer dans le monde de la phénoménologie. C’est impossible pour l’être programmé de ne pas se laisser leurrer ou dominer par les phénomènes
s’il ne dévoile pas la face cachée de son subconscient. L’intelligence intermédiaire peut
être décodée correctement si l’être se détache de ses repères affectifs et polarisants
autour du bien/mal, par exemple. La centricité qui en découle favorise la clarté de toute
information captée et observée.

L’intelligence supérieure relève d’une conscience mentale [Création libre sans doute ni
spéculation, au-delà de l’imagination] et comprend l’intelligence quantique (I.Q.) et l’intelligence libre (I.L.). L’intelligence supérieure tient d’une dimension suprasensorielle
[la force créatrice] qui engendre un savoir donnant accès aux lois universelles et objectives de la création.

L’intelligence supérieure engendre le choc de l’inversion de la conscience où l’animal pensant devient un esprit dans un corps, libérant le soma. Ce phénomène ouvre à la pensée objective, c’est à dire réelle. La personne perce les « mystères de la vie ». Acquérir l’intelligence quantique requiert de développer son antenne suprasensible pour manipuler et maitriser l’énergie du vivant. Ainsi se prépare un état d’intelligence libre. L’être vit alors la pleine expérience et qualité de son intelligence globale.

L’intelligence quantiquer(I.Q) relève de la capacité de l’être à déployer une volonté capable de soutenir l’énergie de grands courants de vie. Cette compétence survient lorsque l’être, absolument transparent et non conditionné, acquiert la force de soutenir sa conscience en dehors de l ’espace-temps et la capacité de manipuler des ordres de grandeur (hiérarchie).

L’intelligence libre (I.L) relève de la parfaite maîtrise de l’intelligence quantique, en
tant que volonté ouvrant l’accès à un réseau de communication et de savoir
infinis. Lorsque l’être assume sa fonction, il devient absolument cohérent, donc
fiable. La liberté est générée par l’interaction parfaite entre les états d’intelligence. Elle conduit à une conscience éthique irréprochable permettant d’exécuter une créativité respectueuse du vivant.

Dans le cadre de notre programme Le Créateur®, cette intelligence supérieure se
travaille au niveau 3 (voir le Tableau des six états d’intelligence, ci-dessus). L’intelligence
supérieure oblige l’être à sortir de la culture de la civilisation afin de libérer la science
des ordres de grandeurs universels (hiérarchies). Ces derniers reposent sur les principes
de l’Amour, la Volonté, et de l’Intelligence. L’être de principe parvient à activer les habiletés liées à tous les états de son IH. Il devient un individu universel, non pas au sens de
civilisation, mais au sens quantique. L’Univers n’a plus de secret pour lui, car il a éclairé
son subconscient. Les forces de vie et de mort n’exercent plus de pression sur sa conscience. Il est libre.

Les trois niveaux de la conscience

Les niveaux de conscience psychologique, psychique et mentale sont trois manières
d’être reliés à notre esprit, déterminées par l’intensité de la sensibilité. La première
relation avec l’esprit se construit dans la conscience psychologique, lorsque nous
sommes enfants.

Les trois degrés de sensibilité

Plus la sensibilité s’intensifie, plus la personne perçoit ses champs de conscience s’élargir. La sensibilité ouvre les sens à la conscience psychologique. L’hypersensibilité permet
d’éclairer la conscience psychique. La suprasensibilité active la conscience mentale, non
pas l’intellect, mais bien la dimension ou le territoire intérieur et unique à chacun. Les
trois degrés de sensibilité sont donc des antennes de captation qui nous relient à notre
esprit (ou lumière intrinsèque) donc à une spiritualité, au sens sémantique de «Esprit» permettant de faire l’expérience des états d’intelligence humaine à travers des apprentissages profonds humains. L’activation progressive de ces antennes détermine
notre capacité à percevoir les champs de notre conscience et à faire graduer les habiletés de nos états d’intelligence. La majorité des gens sont fixés dans la conscience psychologique.

Le cerveau cognitif ne considère que les données issues des sens, stoppant
ainsi le développement de la conscience évolutionnaire.

Les multivers

Dans le langage informatique, un multivers est, théoriquement, l’ensemble de tous les
univers possibles formant une entité unique. Il s’agit d’une hypothèse scientifique issue
de la physique quantique et de la théorie des cordes, qui postule l’existence d’une infinité d’univers parallèles ou multiples14. Dans notre programme de psychologie évolutionnaire mentionné ci-dessus, nous étudions, au 3e niveau, la notion de « trou de ver »
d’Einstein-Rosen15. L’étudiant-e apprend à parfaire sa capacité créative à travers sa
conscience, constituée de multiples dimensions. Il/elle se familiarise avec la notion de
ce « corridor » et apprend à déplacer sa conscience dans l’univers local ou non local,
grâce à ses six états d’intelligence.

La psychologie évolutionnaire veut répondre à ces questions : où suis-je et comment est-ce que je me déplace dans l’univers local et non local en tant que conscience ?

La méthode de la psychologie évolutionnaire

La psychologie évolutionnaire tient pour acquis le potentiel de six états d’intelligence chez l’humain. Les savoirs ont pour objectif d’élargir la vision progressivement de sorte que chaque personne acquiert les compétences pour se déplacer dans les multiples dimensions de sa conscience. La prémisse de la psychologie évolutionnaire est : «résister contre l’involution». La psychologie évolutionnaire oppose l’involution à l’évolution. Le terme « évolutionnaire » réfère à la mise en activité consciente des états supérieurs d’intelligence
développant une vision multidimensionnelle. Les multivers ou « trou de ver » deviennent des corridors dans lesquels se déplace la conscience.

L’involution, quant à elle, est un processus de régression des états de l’intelligence à son niveau strictement fonctionnel et psychologique. Il nous enferme dans le miroir de la réalité ou simulation.

La psychologie évolutionnaire transcende les sens pour permettre à la conscience d’ouvrir son champ vers un territoire non local. La science est conditionnée à croire que seule l’intelligence humaine cognitive (I.C.), celle que l’IA simule « à la perfection » est valide.

Cette croyance nous amène à une régression de nos états d’intelligence ainsi qu’au déni de nos propres capacités évolutionnaires.Cette croyance nous amène à une régression de nos états d’intelligence ainsi qu’au déni de nos propres capacités évolutionnaires.

Ouvrir l’intelligence cognitive (I.C.) à l’activité évolutionnaire

Lorsque l’intelligence cognitive est saturée d’informations issues de la conscience psychologique, l’être vit un plafonnement, une dépression, une désillusion, ce qui ouvre la
porte aux états intermédiaires et supérieurs de l’IH.

Résister à l’évolution retient la conscience humaine dans l’illusion de la forme, fournie par les sens liés à une certaine animalité. Lorsqu’une personne ne parvient pas à inclure les dimensions psychique et mentales dans ses activités, nous disons que sa conscience involue. Autrement dit, les sens, reliés à nos organes de perceptions matérielle, dirigent notre attention sur le monde visible, le monde de la forme, la simulation. Et nous mémorisons les données reçues à partir de l’espace-temps matériel. C ’est par cette lorgnette locale que la science voit le monde. Elle a limité le savoir à l’aspect visible parce que les intelligences intermédiaire (I.D. et I.I) et supérieure (I.Q. et I.L.) sont inactives chez la plupart des humains.

L’intelligence cognitive (I.C.) développe la faculté de cumuler, de mémoriser, d’analyser, d’observer. Or, si elle n’est jamais renseignée sur les phénomènes psychiques et sur la dimension mentale, elle ne peut pas les comptabiliser dans sa mémoire. Sans
accumulation de données, les informations non locales ne peuvent pas devenir signifiantes et encore moins, un champ d’expertise.

Ainsi, tant que l’intelligence cognitive (I.C.) n’est pas exposée à nos dimensions non locales, elle oublie comment se relier à l’esprit.

Cette déconnexion produit une anxiété observable, plus ou moins intense, selon le degré de sensibilité.

Conclusion : Le transhumain – Une involution reposant sur
l’illusion du grand projet des Techs

Ne pas poursuivre nos apprentissages profonds, ne pas chercher à connaitre toutes les dimensions de soi nous contraindra à obéir à l’illusion de la forme, celle d’un capitalisme extrémiste involutif. Le transhumain (Bergeron, 2020) est celui qui acceptera d’alimenter son intelligence cognitive (I.C.) des données biaisées de l’IA. L’humain fixé sur la consommation et l’efficacité confinera son intelligence cognitive au monde simulé. Le sujet, catalyseur de l’évolution, sera expulsé de l’expérience ontologique. Le transhumain engendrera son involution en verrouillant l’accès à sa conscience psychique et mentale. Éventuellement, il devra se déconnecter de ses émotions – clés de transformation – afin d’éviter de ressentir la souffrance du rapetissement de son esprit (voir l’emplacement du transhumain, dans le tableau ci-dessus).

Il nous reste à fournir des indicateurs à l’intelligence cognitive (I.C.) pour faire émerger l’évolution.

Si nous ne donnons pas d’indicateurs hypersensibles et suprasensibles à l’IC pour évaluer les autres niveaux de conscience, la science ne pourra jamais admettre une interaction consciente avec les états supérieurs de l’IH.

Cette science objet, non objective, contribuera à l’involution, ne sachant comment freiner le déclassement de l’IC humaine par l’IC artificielle. En d’autres termes, la conscience psychologique reliée aux sens, à l’univers local, ne peut pas comprendre les autres dimensions et tend à se suffire d’un monde simulé, malgré qu’il produise une perte de sens. Elle valorise exclusivement l’aspect cartésien, logique et rationnel pour prendre la mesure du vivant sans jamais pouvoir comprendre sa « boite noire », le « mystère du vivant ». Tout demeurera donc spéculation éternelle.

Le monde du savoir dont les universités font partie doivent renseigner notre IC. Pour sortir de la simulation, il faut renseigner l’IC des mécanismes touchant à tous les états de l’IH. Ainsi, le cerveau pourra enregistrer les informations, les tester et les mesurer.

Laisser l’IC à la technologie comme seule vérité risque de faire mourir le potentiel humain dans une simulation. Le physicien Jean Charron explique que l’esprit est constitué d’électrons, fournisseurs d’oxygène du cerveau (Charron, 1992). Développer seulement la conscience psychologique enferme la psyché dans une chambre d’écho et rapetisse le rayonnement de l’esprit.

Pour intégrer les autres dimensions de notre IH, il faudra d’abord apprendre à :

  • Ne pas confondre le principe de l’intelligence avec la fonction de l’intelligence.
  • Nourrir le cognitif avec des notions de la réalité non locales.
  • Développer les compétences des six états de l’IH.
    Cela conduira naturellement à :
  • Couvrir, en tant que chercheur-e-s, d’autres niveaux de réalité se rapprochant du Réel (Nicolescu, 2012), pour dépasser la subjectivité des limitations matérielles et atteindre à l’objectivité des mondes subatomiques
    multivers.
  • Renouveler nos méthodes grâce à ces données non locales.

À ce jour, l’humanité observe le monde par le prisme de sa conscience psychologique, via ses récepteurs sensoriels. Elle choisit d’ignorer toute autre manifestation de la conscience. Après la deuxième guerre mondiale, toutes les études sur la conscience psychique (au sujet de sa phénoménologie, du contrôle, ou des manipulations) furent écartées en grande partie aux universités. Les facultés de psychologie se sont concentrées sur la cybernétique et les sciences de l’information pour comprendre, en exclusivité, le comportement humain et sa prévisibilité. Les humanités se sont effondrées. La santé mentale est devenue l’enjeu du XXIe siècle. Dans le contexte actuel, la meilleure manière de ne pas être détruits par l’IA est d’apprendre donc à acquérir les compétences de nos six états d’IH. C’est ce qu’enseigne la psychologie évolutionnaire, avec ses
méthodes, pour atteindre l’objectivité.


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https://www.nvidia.com/fr-fr/omniverse/
Russel B. (1945), « La métaphysique
d’Aristote », in Histoire de la philosophie occidentale, https://lapasserelle.com/histoire_philosophie_occidentale/I_2_9.html
Williams K. (2025) “Altman salutes
Deepseek as Openai lobs charges at rival”, The Trends Journal
https://trendsjournal.com/altman-salutes-deepseek-as-openai-lobscharges-at-rival/
Articles (encyclopédies et dictionnaires) :
« Baal »: https://fr.wikipedia.org/wiki/Baal
« Conférences Macy » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rences_Ma
cy
« Multivers »
« Trou de ver » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_de_ver
« Intelligence » : in Dictionnaire de l’Académie française https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9I1608
« Trans » : https://fr.wiktionary.org/wiki/trans


  1. Voir : https://www.forbes.fr/technologie/les-5-plus-grandes-tendances-technologiques-pour-2025/
  2. Voir : https://trendsjournal.com/altman-salutes-deepseek-as-openai-lobs-charges-at-rival/
  3. Voir :https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20241210-google-annonce-une-perc%C3%A9e-dans-l-informatiquequantique-avec-un-nouveau-processeur-baptis%C3%A9-willow
  4. Voir : https://www.nvidia.com/fr-fr/omniverse/
  5. Rappel sémantique : Omni — du latin omnis : « tout », « tous ». Totalité, universalité, présence de quelque chose
    dans tous les domaines. Méta — du grec μετά, meta, « après », « au-delà de », « avec » ou « entre ». Désigne un
    niveau d’abstraction supérieur, un modèle, comme le métalangage qui décrit d’autres langages. Multi — du latin
    multus, « beaucoup, grand nombre, plusieurs ». Pluralité de choses ou de personnes. Hyper — du grec ancien ὑπέρ,
    hypér : « au-dessus, au-delà ». Niveau ou intensité supérieure à la normale. Trans — passer, de changer, être situé
    par-delà quelque chose. https://fr.wiktionary.org/wiki/
  6. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Baal
  7. Voir : https://www.forbes.com/sites/lanceeliot/2025/06/11/sam-altman-says-ai-has-already-gone-past-the-eventhorizon-but-no-worries-since-agi-and-asi-will-be-a-gentle-singularity/
  8. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rences_Macy. Voir aussi : https://cybernetique.hypotheses.org/83
  9. Voir : https://lapasserelle.com/histoire_philosophie_occidentale/I_2_9.html
  10. Nous référons notamment aux téléphones intelligents, aux réseaux sociaux et à leur impact sur la santé mentale
  11. Ne pas confondre avec la psychologie évolutionniste purement darwinienne
  12. Voir : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9I1608
  13. Bergeron S. et all. (2010). Pour savoir plus sur ce programme, voir : www.formationlecreateur.com
  14. Voir : « Multivers », https://fr.wikipedia.org/wiki/Multivers
  15. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_de_ver et aussi Bailly S. (2013) « Physique théorique. Un lien entre intrication quantique et trous de ver ? », dans Pour la Science, https://www.pourlascience.fr/sd/physique-theorique/unlien-entre-intrication-quantique-et-trous-de-ver-11817.php#:~:text=Einstein%20et%20Rosen%20avaient%20imagin%C3%A9,ER%2C%20ou%20trou%20de%20ver.