L’effraction profonde du transhumanisme dans le champ de l’être

Le débat autour du transhumanisme n’est plus une abstraction technologique réservée à des colloques d’initiés. Aujourd’hui, il s’invite dans nos salons, nos écoles, nos médias et nos imaginaires. Mais ce qui m’interpelle profondément — et ce que je veux explorer ici — ce n’est pas seulement la technologie ou les promesses d’avenir, mais la manière dont cette idéologie transgresse l’intimité du corps, de l’âme et de l’esprit, redéfinissant ce que signifie être humain dans des termes qui ne sont ni neutres ni sans conséquence.

Dans ce bulletin de nouvelles1, on évoque les embryons « améliorés ». Rien de nouveau en soi, mais l’addition des nouvelles ou discours publics du genre crée un climat où l’idée d’« augmenter » l’humain devient non seulement acceptable, mais désirable et quasi inévitable. Voilà qui devient troublant.


La performance en tout temps

Une figure comme Laurent Alexandre2, bien connue dans les sphères francophones pour ses prises de position pro-transhumanistes3, incarne ce déplacement de la question humaine vers une logique de performance et de compétitivité. Dans ses interventions, l’argument est souvent formulé ainsi : si vous ne vous « améliorez » pas technologiquement, vous deviendrez pauvre, dépassé, cancre.

La récompense, c’est la richesse, la reconnaissance, le succès ; la menace, c’est la stagnation, l’obsolescence et la pauvreté. Deux faces d’une même pression sociale. Ce n’est plus simplement une option technologique, mais une injonction : il faut s’adapter ou être laissé pour compte.

Ce type de discours résonne comme un agenda de l’élite technologique et financière, une feuille de route qui transforme l’humain non pas en un sujet autonome, mais en un produit à optimiser. Est-ce là une science bienveillante ou une forme subtile d’asservissement moderne ? Tel est le cœur de la réflexion.


Une réalité pragmatique derrière le mythe futuriste

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut décoder deux choses :

  1. Le mythe — Le discours public sur le transhumanisme, souvent teinté d’optimisme technologique et de promesses de bien-être futur.
  2. Le pragmatisme — L’économie réelle qui finance et met en œuvre ces technologies, animée par des intérêts capitalistes puissants et par une vision du progrès qui n’est plus scientifique mais idéologique.

Loin d’être des fables futuristes, des points de convergence entre les diverses figures influentes de la Tech mondiale trahissent une volonté d’aller au-delà de la simple amélioration de la santé. Une ambition plus vaste et capitaliste façonne le développement des produits : modifier, optimiser, et peut-être un jour transcender les limites biologiques humaines.

Par exemple, des personnalités comme Ray Kurzweil4 — futurologue et ancien ingénieur chez Google — a prédit que l’humanité pourrait atteindre une forme d’« immortalité » grâce à des avancées en nanotechnologie, en robotique et en génétique. Que l’on adhère ou non à une telle vision, ce type de prophétie attire des investissements considérables et modèle la manière dont des ressources énormes sont allouées à certains secteurs de recherche.

Des entrepreneurs et investisseurs tels que Sam Altman, Elon Musk, Larry Page, Sergey Brin, Mark Zuckerberg ou Jeff Bezos partagent une curiosité — voire une obsession — pour prolonger la vie, augmenter les capacités humaines ou fusionner le biologique et le numérique. Neuralink5, par exemple, la société d’Elon Musk travaillant sur des interfaces cerveau-machine, illustre cette aspiration à dépasser les frontières naturelles du corps et de l’esprit.


Préparer les jeunes au transhumanisme

Même dans des domaines plus controversés, comme l’édition génétique d’embryons, on voit émerger des projets qui vont au-delà de la prévention des maladies pour toucher à la sélection ou à l’optimisation de traits humains. La startup américaine Preventive6, qui cherche à modifier des embryons pour empêcher la transmission de maladies génétiques, joue sur l’ambiguïté entre progrès médical et potentiel eugéniste. Où se place la ligne entre soigner et « augmenter » ?

Dans ce contexte, la nouvelle génération pourra se distinguer de toutes les précédentes. Elle s’identifie déjà à une bienveillance BioTech7 où on leur promet de pouvoir guérir toutes les maladies, augmenter l’intelligence et la performance physique. On prépare nos jeunes au transhumanisme8.


Quand la promesse de l’immortalité devient religion

Ce qui intrigue, fascine ou inquiète, c’est la manière dont le récit technologique du transhumanisme développe très rapidement une mythologie moderne séduisante.

Dans les sociétés traditionnelles, les religions ont souvent servi à donner du sens à la vie — en particulier face à la souffrance, à la mort et à l’insécurité devant l’inconnu. Aujourd’hui, une nouvelle croyance semble émerger, non plus fondée sur le divin mais sur la technologie. En comparant les aptitudes de l’IA à celles de l’humain, on s’applique à réduire sa nature (dont la force demeure encore à être explorée) à une fragilité physique et intellectuelle et à son statut regrettable de mortel. Ainsi peut triompher sans obstacles l’IA grâce à l’ingénierie du vivant. Ainsi triomphe la business de l’humain augmenté.

Lorsque des plateformes comme Somnium Space9 proposent d’« immortaliser » nos proches via des avatars numériques capables de continuer à « interagir » après la mort, elles exploitent un désir universel : ne pas perdre ceux qu’on aime, ne plus regretter la mort, donc ne plus passer par l’initiation du deuil privant par là l’humain d’un approfondissement de ses apprentissages. Du même souffle, ces Big Tech subordonnent l’humain à une dépendance énorme envers les données, les entreprises et les infrastructures numériques propriétaires.

Cette convergence entre technologie et religion de substitution pose une question fondamentale : Qu’est-ce qui, dans notre rapport à nous-mêmes, nous pousse à accepter des récits qui promettent de nous sauver de nos limites biologiques ? Sommes-nous sur le point d’accepter de céder notre corps à un propriétaire d’entreprise Tech. Et si ces récits n’étaient pas simplement des avancées scientifiques, mais des constructions idéologiques qui visent à redéfinir ce qu’on pense de nous ? Un réingénierie du corps, de l’âme et de l’esprit.


Le vaccin COVID-19 : pivot vers la BioTech de masse

Un exemple marquant de cette transformation — et du glissement vers une expérimentation génétique à grande échelle — est la pandémie de COVID-19. Pour beaucoup, les vaccins à ARNm ont représenté une avancée scientifique majeure. Mais pour d’autres, ils symbolisent un moment où des technologies génétiques ont été déployées massivement sans que le débat public n’ait pleinement intégré les enjeux de sécurité, d’éthique, biologiques et sociales de ces approches.

Qu’on adhère ou non à cette interprétation, il est incontestable que le contexte pandémique a accéléré l’intégration de technologies de séquençage génétique, jusque-là confinées à des laboratoires spécialisés dans la pratique clinique et dans des niches de recherche. Cette accélération a également créé un climat où les données biologiques, les plateformes numériques et la médecine personnalisée se mêlent de façon inédite, transformant notre rapport à la santé, à l’identité et à la responsabilité individuelle.

Ce mouvement ne peut pas être compris uniquement comme une progression linéaire du bien-être. Il contient aussi une dimension politique, car il redistribue le pouvoir sur les corps vers ceux qui contrôlent les technologies, les algorithmes et les plateformes.


L’humain augmenté : utopie ou piège ?

Il existe sans aucun doute des bénéfices réels à la recherche biomédicale (traitement des maladies génétiques, meilleure compréhension du vieillissement, interventions chirurgicales plus précises, etc), mais l’orientation idéologique qui accompagne ces technologies interroge.

Le transhumanisme, tel qu’il est souvent présenté, repose sur les postulats que :

  • La nature humaine est imparfaite et doit être corrigée;
  • La technologie est neutre et uniquement au service du bien-être;
  • L’humain augmenté est nécessairement meilleur qu’un humain non modifié.

Or ces postulats ne vont pas de soi. Ils sont discutables et ils portent en eux une série d’implications éthiques, sociales et spirituelles majeures.

Pour la psychologie évolutionnaire, l’évolution de l’humain ne se produit pas par la modification mécanique du génome ou par l’implantation de dispositifs technologiques, mais par l’intégration profonde de notre sensibilité, de nos états d’intelligence (dont l’IA ne possède que deux sur six) et de notre capacité à gouverner notre vie intérieure.

Dans cette perspective, l’humain augmenté n’est pas une question de corps ou de gènes, mais de conscience : Comment nous transformons-nous de l’intérieur pour devenir plus solide et plus libre? Comment mettons-nous de l’ordre dans notre chaos intérieur, comment maîtrise-t-on ses énergies mentales? Comment gérons-nous nos peurs, nos désirs, nos relations les uns avec les autres, et notre rapport au monde ?

Un piège semble être tendu à la conscience humaine et c’est de sa responsabilité de ne pas s’y laisser choir.


La technologie la plus puissante de l’humain : sa sensibilité

Si le transhumanisme propose de contrôler et modifier l’humain par l’extérieur, la psychologie évolutionnaire suggère une voie différente : la révolution intérieure, celle qui commence par la compréhension et l’activation de nos capacités psychiques et mentales, au coeur même de l’ADN.

Cette approche ne nie pas les avancées technologiques, mais elle relocalise la source du changement humain à l’intérieur de l’individu, plutôt que dans des objets, des implants ou des algorithmes, des tuteurs mécaniques et nanotechniques.

Trois degrés de sensibilité nous permettent de graduer vers notre puissance intérieure. Nos capteurs innés activent un réseau de communication intérieur. Chaque degré de sensibilité est associé à une fréquence électromagnétique qui soustend le vivant. Activer tous les degrés de sensibilité assure un travail profond de prise en charge mentale ; le décodage de cette fréquence électromagnétique est le plus subtile et le plus difficile à activer. Or plus l’être augmente sa sensibilité, plutôt que de la subir, plus il parvient à maitriser le champ de tension qui le conditionne. La suprasensibilité lui donne accès à des clés lui permettant de créer ses propres conditions, sa propre qualité en tant que vivant.

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Ce travail est difficile à exécuter si l’électronique interfère dans les composantes naturelles de l’humain électromagnétique. Si développer sa suprasensibilité peut corriger les interférences dans un premier temps, l’objectif est de parvenir à augmenter la vibration du champ électromagnétique. Voilà le suprahumain augmenté.

L’humain suprasensible développe la technologie la plus puissante qui soit, non pas qu’elle le rend immortel au sens biologique, mais qu’elle le rend autonome, responsable et capable de prendre la charge électomagnétique à partir de laquelle il peut créer des conditions de vie bonnes et dignes, en respect de sa propre nature.


Les 3 modèles d’humains

En psychologie évolutionnaire, la prospective pose l’émergence de nouveaux modèles d’humains : le transhumain et le suprahumain s’ajouteront au modèle classique que l’on dit obsolète, l’humain naturel.

Le degré de sensibilité déterminera le modèle d’humain que chacun pourra soutenir. Voici les fondements :

  1. L’humain naturel : se connecte à la nature
  2. Le transhumain : se connecte à des réseaux électroniques
  3. Le suprahumain : se connecte à ses énergies (champ électromagnétique)

Le modèle qui survivra à long terme est le suprahumain, en raison de son niveau élevé de conscience et de sa capacité à protéger son territoire psychique et mental.


Reprendre l’autorité intérieure

Le transhumanisme tel qu’il se présente aujourd’hui est une idéologie puissante, un récit fertile en promesses, et un projet qui fascine autant qu’il inquiète. Il est essentiel de poser un regard critique : Quelles sont les conséquences humaines, sociales et mentales de considérer le corps, l’âme et l’esprit comme des objets à optimiser ? Une fois ce processus transhumain amorcé, comment ne pas perdre sa propre connexion innée avec sa source ?

Trop souvent, nous laissons des récits externes qu’ils soient religieux, technologiques ou économiques — définir qui nous devrions être, ce qui est bien ou mal. Cela mène à une forme de démission de notre autorité intérieure.

La vraie révolution ne se situe pas dans l’atteinte de la perfection biologique, mais dans la capacité de chaque individu à gouverner sa propre conscience, à développer sa sensibilité et à créer du sens, sans dépendre exclusivement de récits extérieurs.

C’est là, dans la psyché individuelle, que se joue la bataille la plus profonde pour notre humanité — non pas entre machine et homme, mais entre autogouvernance consciente et soumission à des forces externes. Et c’est peut-être le dialogue le plus urgent à avoir aujourd’hui.

  1. https://www.youtube.com/watch?v=2TgO4iUycsA ↩︎
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Alexandre ↩︎
  3. Transhumanisme, Laurent Alexandre, 2019, https://www.youtube.com/watch?v=rzqw8JaAIYY ↩︎
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil ↩︎
  5. https://neuralink.com/ ↩︎
  6. https://www.business-standard.com/health/sam-altman-brian-armstrong-embryo-gene-editing-preventive-startup-125110900170_1.html ↩︎
  7. https://trendsjournal.com/campus-ai-boom-college-students-bet-on-new-technology/ ↩︎
  8. https://nourishthefuture.org/curriculum/biotechnology/hs ↩︎
  9. https://somniumspace.com/ ↩︎